Une pénurie d’interprète annoncée

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Les institutions internationales vont au-devant d’un grand danger. En effet, s’annonce pour les prochaines années un manque d’interprètes.

Les institutions internationales vont au-devant d’un grand danger. En effet, s’annonce pour les prochaines années un manque d’interprètes. D’après le Directeur général de la DG interprétariat de la Commission européenne (CE), Marc Benedetti, près de la moitié des interprètes embauchés dans les années 70 – qui sont au nombre de 600 – partira à la retraite au cours des dix prochaines années et cela touche toutes les langues sans exception.

Pour répondre à ses besoins dans les six langues officielles de l’organisation (anglais, arabe, chinois, espagnol, français et russe), l’ONU emploie 230 interprètes dont la moitié travaille au Siège à New York, l’autre moitié étant répartie entre les centres régionaux comme Genève, Nairobi et Vienne. La CE, quant à elle, prévoit d’embaucher au cours de la prochaine décennie 200 interprètes de langue française. Il en est de même pour d’autres langues de l’UE comme le néerlandais, l’italien, l’allemand, mais surtout l’anglais qui souffre d’une carence grave en la matière. Pour illustration, l’UE sollicite quotidiennement les services de près de 300 interprètes indépendants assurant l’interprétariat de près de cinquante conférences dans les langues des États membres, y compris celles des nouveaux entrants.
Dans cet état des choses et dans un monde où l’idée que l’interprétariat est tombé en désuétude du fait que tout le monde parle anglais a fait son chemin, les organismes d’enseignement devront faire preuve de séduction, la profession créant peu ou pas assez de vocations chez les jeunes.

De plus, le métier n’est pas à la portée de tous. En effet, seul un tiers des étudiants réussit les concours d’entrée dans les grandes organisations internationales comme l’ONU. A cet égard, la directrice générale de l’institut supérieur d'interprétation et de traduction (ISIT), Marie Mériaud-Brischoux, pointe du doigt une insuffisance de prétendants de qualité.

Pour s’attirer les faveurs des candidats, l’UE s’adresse aux jeunes via les sites communautaires comme Facebook ou via YouTube. Les Nations Unies ont opté pour la signature, au mois de mars, d’accords avec une quinzaine d’écoles à travers le monde. Parmi ces écoles figurent quatre institutions formant des interprètes de langue française, à savoir l’ESIT, l'École supérieure d'interprètes et de traducteurs à Paris ou encore les écoles d'interprétariat de Mons, en Belgique et de Genève, en Suisse. Ces accords visent à mieux préparer les étudiants aux concours de recrutement des traducteurs et des interprètes des Nations Unies.

Publiée le 18/05/2010
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